Delphine Deguislage is staging sculpted limbs from a female body, which is both almighty and fragmented, together with reinterpreted familiar and household objects, as well as distorted architectural fragments. Often chosen for their function and/or their symbolic significance, they concentrate forms of intensities. Posed and exposed, they seem to be reclaiming both a physical and a mental realm.

What the artist offers with her work is more an experience than a demonstration. It is the body taking possession of art rather than art taking possession of the body. Here, formalism is physical, anthropomorphism is female, objects are embodied and space inhabited. The artist does not claim any obvious political position, nor does she deliver provoking or authoritative comments. She is not denouncing “things”—she is coping with them. She “makes do” with realities and their variety of forms: the physicality of materials, objects and bodies interacting with the particular space they occupy.


In her installations as well as in this book, she is creating an apparatus for a dialogue to take place between memories, impressions, atmospheres, intensities, forms and images she is selecting according to a very personal attention. The versatile aesthetics she combines are very carefully chosen, performing less as referential and historical patterns than as a means to enable encounters —rather than confrontations. Or maybe some kind of organic fusions and connexions between abstraction and human anatomy, between public and private realms, between the coldness and the animal nature of forms, between the utility of objects and their potential aesthetic qualities, and between past and present.


These compositions seem to give life to “something” that could link all these apparently disparate elements. They are neither nostalgic nor self-centred. They are not about the reconstruction of a drama to solve or a secret to unveil —even if the artist sometimes gives biographical hints. They re-assemble, and interconnect bearings and landmarks. Or they are the characters of a story taking place somewhere... in a multi-dimensional field in-between a revisited past, a body, objects, and the physical space they inhabit.


Delphine Deguislage met en scène les membres d’un corps de femme, à la fois tout puissant et morcelé, en parallèle avec des objets utilitaires ou domestiques réinterprétés, des fragments architecturaux détournés. Souvent choisis pour leur fonction et/ou leur symbolique, ils concentrent des intensités. Posés, exposés, ils semblent se réapproprier un espace à la fois physique et mental.


Ce que l’artiste nous propose dans son œuvre est plus une expérience qu’une démonstration. C’est le corps qui s’empare de l’art plutôt que l’art qui s’empare du corps. Le formalisme est physique, l’anthropomorphisme féminin, l’objet corporalisé, l’espace habité. Ce qu’elle donne à voir n’est ni une provocation, ni une revendication à portée politique immédiate, ni un commen–taire. L’artiste ne dénonce pas, elle s’arrange. Elle « fait avec » des réalités de divers ordres : celles de la physicalité des matériaux, des objets, ou des corps en interaction avec l’espace qu’ils occupent.


Dans ses installations comme dans ce livre, c’est un dispositif de dialogue qui se dessine : des souvenirs, des impressions, des ambiances, des intensités, des formes et des images choisies avec une attention très personnelle. Les multiples esthétiques que l’artiste manie avec précision, sont moins des références historiques ou stylistiques que des moyens de créer des rencontres — plutôt que des confrontations. Ou peut-être des sortes de fusions, des connexions presque organiques entre l’abstraction et l’anatomie humaine, entre le privé et le public, entre la froideur des matériaux et l’animalité des formes, entre l’utilité d’un objet et son potentiel esthétique, entre le présent et le passé.


Ces compositions semblent donner vie à « quelque chose » qui relierait des éléments apparemment disparates. Celles-ci ne sont ni nostalgiques, ni autocentrées, et n’évoquent pas plus la reconstitution d’un drame à élucider qu’un secret à deviner, même si l’artiste donne des indices biographiques, des pistes. Elles rassemblent, elles mettent en rapport des repères. Ou peut-être s’agit-il des personnages d’une histoire qui se déroulerait quelque part... un quelque part pluridimensionnel, entre un passé revisité, un corps, des objets, et l’espace physique qu’ils habitent.